Vous êtes le garant de la lumière et de la sécurité dans les bâtiments ? Que vous fassiez de la rénovation, du dépannage ou de la domotique, l’administration vous attribuera le code APE 43.21A. Ce code est l’un des plus techniques de l’artisanat. L’électricité ne s’improvise pas : les normes (NF C 15-100) sont drastiques et la responsabilité est immense (risque d’incendie).
Entre l’obligation de qualification, le coût de la décennale et l’essor des bornes de recharge, Superindep vous aide à brancher votre entreprise sur le bon courant administratif.
Comprendre le code APE 43.21A
Qu’est-ce que le code 43.21A ?
Défini par l’INSEE, le code 43.21A “Travaux d’installation électrique dans tous locaux” couvre l’ensemble des travaux d’installation des systèmes électriques.
Cela inclut :
- Le câblage et le raccordement électrique (courant fort).
- L’installation de réseaux informatiques et de télévision (courant faible).
- La pose d’alarmes incendie ou anti-intrusion.
- L’installation de bornes de recharge pour véhicules électriques.
Pour vérifier le périmètre exact, consultez la fiche officielle sur le site de l’INSEE.
Le quotidien : normes et sécurité
Le quotidien de l’électricien indépendant est un mix de chantier et de bureau d’études :
- Conception : lecture de plans, dimensionnement des tableaux, calcul de puissance.
- Réalisation : saignées, tirage de câbles, pose d’appareillage.
- Contrôle : vérification de la terre, tests de continuité, passage du Consuel pour le neuf.
- Dépannage : recherche de pannes, souvent facturée au forfait ou à l’heure.
Cadre réglementaire : qualification et assurance
C’est un métier à accès réglementé. Vous ne pouvez pas vous lancer sans filet.
- Qualification professionnelle : pour obtenir ce code et valider votre inscription, vous devez fournir un diplôme (CAP, BEP, Titre Pro) ou justifier de 3 années d’expérience salariée (fiches de paie). Le valideur (CMA) sera intransigeant.
- Inscription : votre inscription se fait via le Guichet unique de l’INPI. Votre valideur sera la Chambre de Métiers et de l’Artisanat (CMA). Vérifiez les spécificités de l’activité artisanale pour bien préparer votre dossier.
L’assurance décennale : non négociable
La loi Spinetta impose à tout constructeur (y compris l’électricien auto-entrepreneur) de souscrire une garantie décennale. Elle couvre les dommages graves qui rendent l’ouvrage impropre à sa destination (ex: un incendie dû à un court-circuit) pendant 10 ans. Vous devez mentionner votre assureur sur tous vos devis.
Ne confondez pas avec la simple RC Pro. Pour tout comprendre, lisez notre guide sur la RC Pro et décennale auto-entrepreneur.
La gestion des achats : TVA et/ou débours client
L’électricien achète du matériel cher (cuivre, disjoncteurs, tableaux). En micro-entreprise, par défaut, vous ne récupérez pas la TVA sur ces achats, ce qui augmente vos coûts de 20 % par rapport à une société.
Vous avez trois stratégies possibles :
- Activer la TVA dès le début : cela vous permet de récupérer la TVA sur vos achats et d’éviter ce surcoût, même si vous êtes en dessous des seuils.
- Surveiller votre marge : si vous restez en franchise de base (sans TVA), attention à avoir une marge d’au moins 40 % sur le matériel revendu à vos clients. Sans cela, la partie matériel vous coûte de l’argent (cotisations sociales et impôts payés sur le CA global).
- Utiliser les frais de débours : vous pouvez facturer le matériel en débours. Vous refacturez alors le matériel au client à l’euro près (sans marge), l’avantage étant que cela ne rentre pas dans le CA déclaré à l’URSSAF et aux impôts.
Si vous avez beaucoup de chantiers “fournitures incluses”, apprenez quelles sont les dépenses éligibles à la déduction.
Les métiers du code 43.21A
L’électricité se divise en plusieurs spécialités très distinctes.
1. Les métiers principaux
| Métier | Spécificité & Vigilance |
|---|---|
| Électricien et électricienne du bâtiment | Installation générale (neuf et rénovation). Vigilance : Respect absolu de la norme NF C 15-100. En cas de non-conformité, le Consuel refusera de raccorder le logement. |
| Technicien et technicienne courants faibles | Réseaux RJ45, fibre, téléphonie, interphonie. Vigilance : Demande de plus en plus de compétences informatiques (adressage IP, configuration switch). |
| Installateur et installatrice d’alarmes | Sécurité incendie et intrusion. Vigilance : Nécessite souvent une certification APSAD pour être reconnu par les assurances des clients. |
| Domoticien et domoticienne | Maison connectée (volets, chauffage, éclairage pilotés). Vigilance : Veille technologique constante indispensable (protocoles KNX, Zigbee, etc.). |
2. Métiers émergents et tendances
- Installateur IRVE : pose de bornes de recharge pour véhicules électriques. Marché explosif, mais qualification IRVE obligatoire pour les aides.
- Électricien photovoltaïque : raccordement des onduleurs et panneaux (souvent en binôme avec un couvreur).
3. Métiers secondaires et saisonniers
- Dépanneur électrique d’urgence : interventions soirs et weekends. Tarifs majorés mais astreinte lourde.
- Monteur de stands (Salon/Foire) : installation électrique éphémère pour l’événementiel.
4. Les métiers exclus ou incompatibles
Ne confondez pas le bâtiment et l’industrie.
| Code APE | Métier | Pourquoi ce n’est pas du 43.21A ? |
|---|---|---|
| 33.14Z | Bobinier / Réparateur industriel | Concerne la réparation de moteurs électriques industriels et transformateurs. |
| 95.22Z | Réparateur d’électroménager | Si vous réparez le four mais pas la prise murale, c’est ce code. |
| 71.12B | Bureau d’études techniques | Si vous ne faites que les plans de câblage sans poser les câbles (ingénierie pure). |
Plan d’action : se lancer avec le code 43.21A
L’électricité est le lot technique le plus surveillé. Soyez carré.
1. Préparation : diplôme et label RGE
Rassemblez vos diplômes. Si vous visez la rénovation énergétique (chauffage électrique, ventilation), formez-vous pour obtenir le label RGE (Reconnu Garant de l’Environnement). Sans ce label, vos clients n’auront pas droit à MaPrimeRénov’, et vous perdrez des marchés face aux concurrents labellisés.
2. Immatriculation : JQPA et assurance
Lors de l’inscription au Guichet unique, la JQPA (Justification de Qualification Professionnelle Artisanale) sera exigée.
Surtout, ne démarrez jamais un chantier sans votre attestation décennale en poche. Les assureurs demandent souvent 1 à 3 ans d’expérience pour vous couvrir. Si vous êtes débutant sans expérience salariée, trouver une assurance sera difficile et cher.
3. Gestion : devis et acomptes
Un chantier électrique coûte cher en matériel.
- Acomptes : demandez 30 % à 40 % à la signature pour financer l’achat du tableau et des câbles. Ne faites pas la banque pour vos clients.
- Devis : soyez précis sur les marques posées (Legrand, Schneider, Hager). Si vous posez une marque moins chère que celle prévue au devis sans prévenir, c’est un motif de litige.
- Logiciel : utilisez un outil capable de gérer les “factures de situation” (paiement à l’avancement du chantier).
Conclusion : l’avis de Superindep
Le code 43.21A est une valeur sûre : on aura toujours besoin d’électricité. Avec la transition énergétique (bornes de recharge, pompes à chaleur), le carnet de commandes des électriciens est plein pour les dix prochaines années.
Cependant, la complexité des normes et le poids des responsabilités (décennale) en font une activité où l’amateurisme se paie cash. La gestion de la TVA sur les achats de matériel est souvent le levier qui fait la différence entre un artisan qui survit et un artisan qui prospère.
Vous êtes au courant de vos seuils de TVA ?
Si vous achetez pour 3000 € de matériel par mois, ne pas récupérer la TVA est une perte sèche. Superindep vous aide à optimiser votre gestion fiscale.
